Alimentation émotionnelle : quand les émotions dictent nos assiettes

Avez-vous déjà remarqué que vos envies alimentaires changent en fonction de votre humeur ? Une journée stressante peut donner envie de se jeter sur du chocolat, une dispute peut provoquer une envie irrépressible de chips ou de plats réconfortants… C’est ce qu’on appelle l’alimentation émotionnelle.

Dans cet article, nous allons explorer ce phénomène pour mieux le comprendre et vous aider à y voir plus clair.

Qu’est-ce que l’alimentation émotionnelle ?
L’alimentation émotionnelle, c’est le fait d’utiliser la nourriture pour gérer ses émotions, qu’elles soient agréables ou désagréables. Au lieu de répondre à une faim physique (celle qui survient parce que votre corps a besoin d’énergie), vous mangez pour calmer, combler ou éviter une émotion.

Cela peut arriver dans plusieurs situations :

  • Pour apaiser le stress ou l’anxiété.

  • Pour combler un vide émotionnel, comme la solitude ou l’ennui.

  • Pour célébrer une joie (un réflexe souvent appris dès l’enfance : « Si tu es sage, tu auras une glace ! »).

L’alimentation émotionnelle est présente et inoffensive chez tous les êtres humains, nous avons tous déjà célébré un évènement autour d’un repas, ou eu envie d’un aliment réconfortant après un chagrin ou encore consommé un aliment en souvenir nostalgique de note enfance et c’est tout à fait normal.  L’alimentation émotionnelle peut en revanche devenir problématique si elle devient le principal moyen de réguler ses émotions.

Pourquoi mangeons-nous nos émotions ?
L’alimentation émotionnelle n’est pas une faiblesse ou un manque de volonté. C’est un mécanisme automatique du cerveau qui s’appuie sur notre biologie, selon nos expériences de vie.

  1. Une solution immédiate pour calmer le cerveau
    Quand vous êtes stressé(e), votre cerveau libère des hormones comme le cortisol, qui peuvent augmenter l’envie de consommer des aliments gras ou sucrés. Ces aliments procurent un soulagement temporaire grâce à la dopamine (le neurotransmetteur du plaisir).

  2. Un conditionnement appris tôt
    Pour beaucoup d’entre nous, la nourriture a été associée dès l’enfance à des récompenses ou du réconfort. Cela crée des connexions émotionnelles durables.

  3. Une stratégie de fuite face aux émotions
    La nourriture devient une distraction. En mangeant, vous « occupez » votre esprit, ce qui vous permet d’éviter de faire face à des émotions difficiles.

Comment reconnaître l’alimentation émotionnelle ?
Il peut être difficile de faire la différence entre une faim émotionnelle et une faim physique. Voici quelques clés pour vous aider :

  • La faim émotionnelle est soudaine et spécifique. Elle surgit comme une envie irrépressible de « quelque chose » en particulier (gâteaux, chocolat, chips…).

  • Elle n’a pas de lien avec les signaux de votre corps. Vous avez peut-être mangé récemment, mais l’envie persiste.

  • Elle s’accompagne souvent de culpabilité. Une fois l’aliment consommé, vous pouvez ressentir de la honte ou du regret.

Quels sont les impacts de l’alimentation émotionnelle ?
À court terme, manger pour apaiser vos émotions peut offrir un soulagement temporaire. Mais à long terme, cela peut :

  • Perturber votre relation avec la nourriture, en créant des comportements compulsifs ou de la frustration.

  • Empêcher de traiter la cause réelle de vos émotions.

  • Renforcer un cercle vicieux de culpabilité et de perte de confiance en soi.

  • Vous amener à une prise de poids importante.

Comment mieux gérer l’alimentation émotionnelle ?

1. Identifiez vos déclencheurs émotionnels
Prenez quelques minutes pour observer ce qui déclenche vos envies de manger. Est-ce le stress, la solitude, l’ennui ou une autre émotion ?
Exercice concret : Pendant une semaine, notez dans un carnet vos envies alimentaires et les émotions ressenties. Cela vous aidera à mieux comprendre vos déclencheurs.

2. Faites la différence entre la faim physique et émotionnelle
Avant de manger, demandez-vous :

  • Ai-je des signes physiques de faim (ventre qui gargouille, sensation de vide) ?

  • Est-ce une envie liée à une émotion ou une situation particulière ?

3. Apprenez à gérer vos émotions et à sortir de cet automatisme
Apprenez à nommer et reconnaitre vos émotions du quotidien mais aussi à leur attribuer une juste place pour vous libérer des surcharges émotionnelles qui vous poussent à manger.

4. Apprenez à accueillir vos émotions
Il est naturel de ressentir des émotions désagréables. Plutôt que de les fuir, prenez le temps de les nommer et de les comprendre.
Un exemple : Si vous ressentez de l’anxiété, notez ce qui l’a provoquée et demandez-vous : « Qu’est-ce que je peux faire pour m’apaiser, sans forcément utiliser la nourriture ? »

5. Soyez bienveillant(e) envers vous-même
La culpabilité ne fera qu’alimenter le cercle vicieux. Rappelez-vous que l’alimentation émotionnelle est une stratégie d’adaptation. Avec du temps et des outils, vous pouvez trouver des alternatives plus saines.

Avec mes patients j’utilise aussi de nombreux autres outils pour les aider à se libérer des automatismes d’un alimentation émotionnelle.

 

Un mot pour conclure
L’alimentation émotionnelle est une réponse humaine à des besoins émotionnels insatisfaits. Plutôt que de la combattre, il est possible de l’accueillir avec bienveillance et de la comprendre.

Si vous vous reconnaissez dans cet article, sachez que vous n’êtes pas seul(e). Avec un peu d’observation et des outils adaptés, vous pouvez transformer votre relation à la nourriture et, surtout, à vos émotions.

Je suis là pour vous accompagner si vous en ressentez le besoin.

Prenez soin de vous,

Olivia

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