Comment savoir si vous souffrez d’un trouble alimentaire (même si vous ne cochez pas toutes les cases)

Vous avez l’impression que quelque chose cloche dans votre rapport à la nourriture, sans pour autant oser dire que vous avez un "trouble alimentaire" ? Vous vous demandez parfois si ce que vous vivez est « normal », ou si ce comportement n’est pas un peu… excessif ?
Vous n’êtes pas seul(e).

Beaucoup de personnes vivent une véritable souffrance alimentaire, mais n’osent pas la nommer.
Et pourtant, les pensées, les émotions, les comportements liés à l’alimentation occupent une place énorme dans leur quotidien. Et souvent, elles culpabilisent de trop y penser, de ne pas réussir à "mieux faire", ou de ne pas se sentir "légitimes" dans leur mal-être.

Dans cet article, je vous propose de poser un regard plus juste et bienveillant sur ce que vous traversez.
Car tous les troubles alimentaires ne se voient pas. Et surtout, vous n’avez pas besoin d’un diagnostic officiel pour commencer à vous sentir mieux.

Ce qu’est (vraiment) un trouble du comportement alimentaire

Quand on parle de trouble du comportement alimentaire (ou TCA), on pense tout de suite à l’anorexie, à la boulimie ou à l’hyperphagie. Ce sont en effet les formes les plus connues, les plus médiatisées, et souvent les plus "visibles". Mais il en existe d'autres.

Un TCA, c’est avant tout une relation à la nourriture qui génère de la souffrance, de l’anxiété, de la culpabilité ou un sentiment de perte de liberté.

Et cette souffrance peut se manifester de multiples façons :

  • Des pensées obsessionnelles autour des repas, des quantités, du poids

  • Des règles alimentaires strictes que vous vous imposez, parfois sans en avoir conscience

  • Une alternance entre des phases de contrôle rigide et des périodes de compulsions

  • Un stress intense lié à l’idée de manger certains aliments

  • Des émotions envahissantes après avoir mangé : culpabilité, honte, dégoût de soi…

Parmi les formes moins connues mais tout aussi difficiles à vivre, on retrouve :

  • L’orthorexie : obsession d’une alimentation « saine », qui finit par isoler socialement ou générer de l’anxiété

  • Les compulsions émotionnelles répétées, souvent liées au stress ou à des émotions non exprimées

  • La restriction cognitive, c’est-à-dire penser qu’on ne "devrait pas" manger quelque chose, d’être constamment en privation par peur de grossir et alterner très souvent entre privation et pulsion.

🧠 À retenir :

Ce qui définit un TCA, ce n’est pas le nombre de calories consommées ou perdues. C’est le poids mental et émotionnel que l’alimentation prend dans votre vie.

 

7 signes qui doivent vous alerter

Parfois, ce sont des petites choses, anodines en apparence, mais qui deviennent pesantes à la longue.
Voici 7 signaux que je retrouve très souvent chez mes patient(e)s :

  1. Vous pensez à la nourriture toute la journée : ce que vous allez manger, ce que vous avez mangé, ce que vous auriez "dû" ou "pas dû" manger…

  2. Vous alternez entre périodes de contrôle strict et perte de contrôle totale : lundi-discipline, samedi-déraillement, et cycle culpabilité.

  3. Vous vous sentez coupable après un repas, même si vous avez mangé une quantité "normale"

  4. Vous mangez en cachette ou très vite, comme si c’était interdit, ou que vous n’aviez pas le droit d’en profiter

  5. Vous évitez les repas sociaux ou les invitations, car elles vous font perdre le contrôle sur ce que vous mangez

  6. Votre humeur dépend du chiffre sur la balance, ou de la "qualité" de vos repas

  7. Vous avez honte de votre façon de manger, et parfois même de votre corps

🎯 Exercice d’auto-observation simple :
Pendant quelques jours, notez les moments où vous vous sentez en difficulté avec la nourriture.
Sans jugement. Posez-vous ces questions :

– Est-ce que j’ai mangé sans faim ?
– Est-ce que j’ai ressenti de la honte ou de la culpabilité ?
– Est-ce que j’ai mangé plus vite, plus en cachette ou avec plus de stress que je ne le souhaiterais ?
– Est-ce que ce que j’ai mangé a affecté mon moral ou mon estime de moi ?

Ces observations peuvent déjà vous aider à mettre des mots sur ce que vous vivez.

Ce n’est pas "dans votre tête", et ce n’est pas "de votre faute"

Ce que vous ressentez est réel.
Et pourtant, beaucoup de personnes minimisent ce qu’elles traversent, car elles ne se pensent pas « assez en souffrance » pour demander de l’aide. Elles culpabilisent de ne pas « savoir gérer », ou pensent que c’est juste un manque de volonté.

La vérité, c’est que ces comportements alimentaires ne sont ni un caprice, ni un choix.
Ils sont le fruit d’un système complexe, qui mêle :

  • Vos émotions (qu’on vous a appris à refouler ou à ne pas écouter)

  • Vos croyances (sur le corps, la minceur, la valeur personnelle)

  • Vos expériences passées (critiques, moqueries, régimes…)

  • Vos mécanismes de protection (contrôle, fuite, évitement…)

👉 Vous avez mis en place des comportements pour gérer quelque chose, pour vous adapter. Et parfois, ces comportements deviennent pesants ou incontrôlables.
Mais ils ont un sens. Et on peut les transformer.

 

Vous avez le droit d’agir, même sans diagnostic

On attend souvent "le déclic", ou un seuil de souffrance très élevé pour demander de l’aide. Mais il n’est jamais trop tôt pour commencer à alléger ce poids.

Voici quelques premières pistes concrètes :

  • Autorisez-vous à reconnaître ce que vous vivez. Ce n’est pas exagéré. Ce n’est pas honteux. C’est humain.

  • Observez vos comportements, vos pensées, vos déclencheurs. Cela vous aidera à sortir du mode automatique.

  • Parlez-en : à un proche, à un professionnel, ou simplement dans un carnet. Mettre des mots, c’est déjà reprendre du pouvoir.

  • Et surtout, rappelez-vous que vous méritez de manger en paix. Sans peur. Sans culpabilité. Sans obsession.

 

Conclusion :

Vous n’avez pas besoin d’un diagnostic pour prendre soin de vous.
Il suffit que votre relation à la nourriture prenne trop de place, vous empêche de vivre sereinement ou vous fasse souffrir, pour que cela mérite toute votre attention.

Et si vous vous demandez encore :

– Est-ce que ce que je vis est normal ?
– Est-ce que je suis en train de développer un trouble ?
– Ou est-ce juste une période passagère ?

Réservez un entretien découverte gratuit avec moi pour échanger sur ce que vous vivez.

🎧 Et si vous souhaitez faire la différence entre les différents troubles alimentaires de façon plus précise, j’ai enregistré cette semaine un nouvel épisode de podcast pour vous aider à faire la différence entre un comportement alimentaire habituel, une compulsion et un trouble alimentaire.

👉 Écouter le podcast ici

A très vite

Olivia

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